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Caractérisation de Plasmodium chez les chimpanzés et gorilles sauvages
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IRD / Sabrina Locatelli
- Département : Département Santé
Caractérisation de Plasmodium chez les chimpanzés et gorilles sauvages
Jusqu’à un passé récent il était admis que seules 4 espèces de Plasmodium pouvaient infecter l’Homme (P. faciparum , P. vivax , P. ovale et P. malariae ). En 2004 la découverte d’un parasite simien, P. knowlesi , infectant des populations humaines de Malaisie a remis en cause ce concept et montré l’importance potentielle des réservoirs simiens.
Récemment nous avons montré que des espèces de Plasmodium pouvaient être caractérisées à partir d’ADN extraits d’échantillons fécaux de singes vivant à l’état sauvage dans leur habitat naturel. Nous avons montré que les grands singes, gorilles et chimpanzés, pouvaient représenter un réservoir d’espèces plasmodiales.
En analysant des échantillons fécaux collectés dans 8 sites d’Afrique centrale nous avons trouvé que les chimpanzés et les gorilles étaient infectés par au moins 5 lignées phylogénétiquement différentes mais proches de P. falciparum . Les gorilles sont infectés par une espèce de Plasmodium quasiment identique au niveau de la séquence cytB au P. falciparum humain.
La poursuite de nos enquêtes non-invasives est importante non seulement pour confirmer l’origine simienne de P. falciparum mais aussi pour évaluer l’importance de ce réservoir et étudier si d’autres variants de Plasmodium de singes ont passé la barrière d’espèces des primates à l’homme. L’objectif général de cette étude est de préciser si les espèces de Plasmodium récemment identifiées chez les chimpanzés et les gorilles peuvent infecter l’Homme et si les grands singes sont le réservoir des espèces plasmodiales humaines en particulier P. falciparum . Pour cela nous testerons notre collection d’échantillons fécaux de grands singes déjà disponibles (n>4000) ou en cours de collecte afin de caractériser les différentes séquences de Plasmodium , étudierons en détail les différentes lignées retrouvées chez les chimpanzés et les gorilles vivant en Afrique centrale, estimerons leur distribution géographique et leur prévalence.
La constatation que les grands singes sont infectés par différentes espèces de Plasmodium pose la question de savoir si les chimpanzés et/ou les gorilles sont une source récurrente d’infection humaine. Nous testerons des échantillons de sang provenant d’enquêtes en populations humaines vivant en zone d’endémie et proches des grands singes. Nous caractériserons les différentes lignées de Plasmodium retrouvées chez les humains. Nous pourrons déterminer si les grands singes représentent un réservoir pour P. falciparum retrouvé chez l’homme et/ou pour d’autres espèces de Plasmodium .
Participants : N Tuikue Ndam, R Tahar, P Deloron
Collaborations : Martine Peeters, Eric Delaporte (UMI 233, http://www.umi233.com/index.php?id=699 )
Calendrier : 2012 - 2014
Financement : ANR Blanc
- Thématique : Santé
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